Permettre le rapatriement des derniers falash mura, l’ambition de la nouvelle ministre de l’alya.


17 juin 2020

Pnina-Tamano-Shata, la ministre de l’immigration, a annoncé une augmentation significative de l’immigration juive vers Israël. D’ici la fin de l’année 2021, le nombre de nouveaux migrants devrait atteindre 90 000 personnes. À l’occasion de la présentation de son plan quinquennal devant la commission de l’immigration, de l’intégration et de la diaspora, la ministre a annoncé son intention de faire venir les derniers membres de la communauté Falash mura en Israël.

Les Falash mura sont des éthiopiens qui ne sont originellement pas reconnus comme Juifs par Israël. Si ces personnes ont d’abord fait partie de la communauté des béta Israël (communauté de la maison d’Israël qui regroupe les Éthiopiens considérés comme Juifs), ils ont été convertis au christianisme au XIXème siècle. Ainsi l’État Israélien ne les voit pas comme une population Juive. Ils n’ont donc pas pu profiter de la loi du retour qui permet aux Juifs d’immigrés vers Israël.

Mais d’après la loi Juive (qui ne se confond pas en l’espèce avec la loi Israélienne) la conversation d’un Juif est sans effet. C’est-à-dire, que si un Juif se convertit a une autre religion, sa conversion n’opère pas aux yeux des autres Juifs.  La conception religieuse du judaïsme, soutenue par le rabbinat israélien, a poussé le gouvernement à adopter la loi d’entrer en 1993. La nouvelle législation permet aux éthiopiens qui peuvent prouver une ascendance juive par la mère d’entrée en Israël. Cependant les individus qui ont une ascendance juive par leur père ne pourront en profiter. La législation qui se voulait généreuse a finalement conduit à séparer des familles. Une situation qui a finalement conduit le gouvernement Israélien a adopté en 2015 une résolution qui vise a rapatrié les derniers Falash Mura d’ici 2020. Mais en cinq ans seulement 2200 personnes sur 10 000 prévus initialement sont arrivés en Israël.

L’objectif de la nouvelle ministre de l’intégration est donc de rattraper rapidement ce retard. Porte-drapeaux de la communauté Éthiopienne d’Israël, Pnina-Tamano-Shata a fait de cette question un enjeu national. Cette ancienne journaliste a toujours été une grande militante de l’égalité pour les Israéliens d’origine éthiopienne. L’élu de Bleu Blanc a elle-même immigré vers Israël lors de l’opération Moïse de 1985 alors qu’elle n’avait que trois ans. La mission constituait à ramener les Juifs d’Éthiopie via un pont aérien. Depuis la jeune femme ne cesse de se battre pour ses droits en tant qu’israélienne. Avant d’être le porte-voix de sa communauté elle fût celui de ses parents. « Chaque fois qu’on leur manquait de respect, j’étais là pour les défendre » raconte-t-elle à nos confère de jeuneafrique.com en 2018. Aujourd’hui en tant que nouvelle ministre de l’alya et première membre du gouvernement issu de l’immigration éthiopienne elle compte bien mener ses combats au plus haut sommet de l’État herbeux.

Son ambition est maintenant de « mettre fin aux camps en Éthiopie ». Elle en fait« une priorité nationale de premier niveau ». Pour elle, « C'est une injustice qui crie au ciel ». À la mouvance religieuse sioniste et les membres de la communauté béta Israël qui sont contre ce projet elle répond « Ce n'est pas juif de séparer les parents de leurs enfants ».

Jérémy Chicheportiche 

 

 

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