Le chef d’Etat-major israélien est opposé à l’utilisation de tirs à balles réelles contre les lanceurs de cerfs-volants incendiaires.

16 juillet 2018

Les cerfs-volants et bombes incendiaires sont utilisés quasi quotidiennement par le Hamas. Leur but est d’enflammer les champs israéliens à la périphérie de la bande de Gaza. Le gouvernement israélien cherche une solution pour mettre un terme à ce phénomène. Pour l’heure l’armée effectue des tirs de semonce pour disperser les gazaouis qui tentent d’en envoyer, mais certains appellent à une réponse plus forte.

 Le général Gadi Eizenkot, chef d’Etat-major et Naftali Bennett, ministre de l’éducation, se seraient affrontés sur la question du ciblage des lanceurs palestiniens de cerfs-volants incendiaires.

Alors qu’ils assistaient à une réunion hebdomadaire concernant le problème des cerfs-volants, Naftali Bennet aurait déclaré « Pourquoi ne pas ouvrir le feu sur ceux qui utilisent ces armes aériennes contre nos communautés » rejoignant ainsi ceux qui souhaitent des ripostes plus fortes de l’armée.

« Il n’y a pas d’entrave légale à cela. Pourquoi tirer à côté d’eux et non pas sur eux ? Nous parlons de terroristes à tous les égards » aurait poursuivi le ministre.

Mais le chef d’Etat major de Tsahal n’est pas d’accord. A ses yeux, il serait immoral de procéder à des tirs à balles réelles. Gadi Eizenkot ne pense pas que « tirer sur de jeunes individus et sur des enfants, qui sont parfois à l’origine du lancement des ballons, soit une bonne chose», selon ses termes.

Et une dispute s’en est suivie. Naftali Bennett a alors posé la question des adultes, ce à quoi le chef de l’armée israélienne a répondu : « Suggérez-vous de lâcher une bombe depuis un avion sur des gens qui lancent des cerfs-volants et des ballons ? »

« Cela va à l’encontre de mon positionnement moral et opérationnel », a conclu le militaire.

L’armée est soumise à une énorme pression de la part du monde politique et de la population pour mettre fin au phénomène des cerfs-volants incendiaires, qui ont brulé des milliers d’hectare depuis le 30 mars, début des mobilisations palestiniennes.

« Ils ne cessent de dire « Israël est en feu », « Israël brûle ». Israël ne brûle pas », a souligné le ministre de l’Energie Yuval Steinitz.

Daniel Jacomella

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