L'ex-ministre Bernard Tapie, jugé pour "escroquerie", a été relaxé


09 juillet 2019

L'ex-ministre Bernard Tapie a été relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel de Paris, après avoir été jugé au printemps pour "escroquerie" dans l'affaire de l'arbitrage controversé sur la vente d'Adidas, qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008 avant d'être annulé pour "fraude". 

L'accusation de "détournement de fonds publics" n'a pas été retenu par le tribunal.

"Aujourd'hui, le tribunal a rendu avec une indépendance rare un jugement d'une netteté exceptionnelle et c'est pour nous (...) une immense satisfaction et une grande libération", a déclaré l'avocat de l'ex-ministre Hervé Temime, ajoutant que son client, atteint d'un double cancer et absent à l'audience, était "très très ému" lorsqu'il a appris la décision.

Ce jugement intervient après plus de vingt ans de procédures judiciaires touchant jusqu'au sommet de l'Etat dont la future présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, qui avait été condamnée fin 2016 pour "négligence" mais dispensée de peine. 

L'homme d'affaires reprochait à la banque publique Crédit Lyonnais de l'avoir floué en lui achetant Adidas pour 315,5 millions d'euros en février 1993 avant de revendre l'équipementier sportif 701 millions en 1994. 

En 2015, cet arbitrage avait finalement été jugé frauduleux et annulé par la justice qui avait condamné Bernard Tapie à rembourser les quelque 404 millions d'euros accordés. 

En parallèle de cette procédure, la justice avait ouvert en 2013 une enquête pénale contre Bernard Tapie et les différents acteurs de l'arbitrage pour "escroquerie en bande organisée" et "détournement de fonds publics".

Six personnes avaient comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre de leur rôle dans l'arbitrage délictueux.

Parmi eux, le PDG de l'opérateur de télécom Orange, Stéphane Richard, qui était jugé pour "complicité d'escroquerie", a également été relaxé. Le parquet avait requis à son encontre trois ans de prison dont 18 mois ferme, 100.000 euros d'amende et une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans. 

Sasha Placek

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