État, école, sport ... Un rapport du Sénat s'alarme de la "radicalisation islamiste" et propose des mesures.


09 juillet 2020

Une commission d’enquête créée en novembre 2019 à l’initiative des Républicains a constaté que « la radicalisation islamiste s'est imposée ». Ce rapport est le résultat de près de 70 entretiens menés auprès de chercheurs, militants associatifs, acteurs institutionnels et responsables politiques sur le terrain. Il propose une série de mesures pour lutter contre ces dérives.

Selon les résultats de la commission d’enquête, une minorité de la population française de confession musulmane tend à adopter un comportement dont l'intransigeance prend prétexte de la religion. Elle vient heurter les valeurs de la République tels que la liberté de conscience, l’égalité femmes-hommes ou encore la mixité. Toujours selon le rapport : "Ces mouvements partagent un point commun : la volonté d'instaurer le califat, c'est-à-dire le règne de Dieu sur terre". Dans certains quartiers, de banlieues notamment, un "séparatisme" dangereux est donc bel et bien présent. Néanmoins il est important de préciser que l’enquête n’a pas quantifié ou détaillé leurs agissements. 

Dans le viseur des sénateurs figurent les djihadistes, principaux acteurs de la vague d'attentats qui a fait plus de 250 morts en France depuis 2015. Ils visent également des mouvements musulmans rigoristes qui se disent non violents comme les salafistes ou les Frères musulmans même s’il n’a pas été possible de confronter les responsables de ces groupes pour répondre à ces accusations.

Pour tenter de maîtriser cette « radicalisation islamiste », qu’il juge de plus en plus menaçante, la commission évoque 44 mesures.                                                Elle souhaite interdire les prédicateurs et discours séparatistes, mieux surveiller certaines écoles, associations ou clubs et sensibiliser les élus et éducateurs. Le rétablissement de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est également prôné pour "prendre en compte la dimension sectaire de l'islamisme". Elle réclame de rendre plus facile la fermeture de lieux ou d’associations diffusant des discours discriminatoires, haineux ou violents. Le non-renouvellement des conventions signées avec des pays étrangers pour la formation des imams destinés à prêcher en France est aussi souhaité.

Héloïse Versmessen

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