Eric Dupond-Moretti : un nouveau garde des Sceaux qui divise


08 juillet 2020

Depuis sa nomination au gouvernement, l'homme fait grandement parler de lui. Retour sur les déclarations parfois suprenantes de l'ancien avocat médiatique.

  • « Si on vous proposait un poste de ministre de la Justice, vous l’accepteriez ? »
  • « Non ! »

« Il ne faut jurer de rien » dit l’adage et les mots du nouveau garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti en sont la preuve. L’archive date du 15 avril 2018, sur le plateau d’LCI et est réapparue grâce au journaliste Thibault Malandrin. Dans un tweet, il partage un extrait de l’entretien entre l’ex-avocat pénaliste et Audrey Crespo-Mara. « C’est une discipline, c’est un exercice, je n’en ai pas les compétences » déclarait-il, à la présentatrice qui évoquait une potentielle nomination à la tête du ministère de la Justice. Il précisait également : « Ce n’est pas mon métier, il faut en avaler des couleuvres pour faire de la politique », une posture aujourd’hui gênante.

Si ces propos peuvent prêter à sourire, d’autres sont, en revanche, plus controversés.

On le sait, l’ancien ténor du barreau de Paris était l’avocat d’Abdelkader Merah, le frère du terroriste islamiste Mohammed Merah, lors de son procès en 2017 pour complicité d’assassinats. A l’époque il déclarait : « C’est un honneur pour un avocat d’être là, à ce moment là, dans cette difficulté là et pour cet homme là que l’on a considéré comme un monstre, comme l’incarnation du mal absolu ». « Le procès de Nuremberg, à bien des égards, avait été plus digne que celui-là ».

L’homme de 59 ans cible de critiques et de menaces, parfois virulentes, avait préféré mettre en avant sa conception de la justice, rappelant ne pas défendre une cause mais un homme. Il expliquait qu’ « il y a des causes indéfendables » comme le nazisme ou le terrorisme précisant qu’« on a présenté aux victimes un faux coupable ». Car si Abdelkader Merah « incarne le mal absolu », il était uniquement dans le box des accusés car son frère, Mohammed, est mort.

Rappelons que ses prises de positions défiantes vis-à-vis du mouvement #MeToo et ses nombreux coups de gueules contre la magistrature achèvent de faire d’Eric Dupond-Moretti un ministre qui fait couler beaucoup d’encre.

Héloïse V.

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article