Prostitution en Israël : nouveau projet de loi qui sanctionnera les clients

14 juin 2018

Après des décennies consacrées à la pénalisation du marché du sexe, Israël change de stratégie. La ministre de la Justice Ayelet Shaked a soumis, ce matin un projet de loi, qui imposerait une amende à toutes personnes qui achèteraient des faveurs sexuelles.

 

Le ministère des Affaires sociales a estimé qu’il y avait environ 12 000 travailleurs du sexe en Israël. Un marché qui ferait fonctionner une industrie estimée à 1,2 millions de shekels.

Des chiffres alarmants qui ont poussé la ministre de la Justice Ayelet Shaked à soumettre un projet de loi qui vise à taxer les clients des prostituées.

Ce projet propose qu’une amende de 1500 shekels soit imposées au client, et si celui-ci récidive dans les trois années qui suivent sa première interpellation, il devra payer 3000 shekels.

Les clients auront alors la possibilité de payer l’amende, de la contester, ou de demander à comparaître devant un tribunal. Dans tous les cas, ces infractions ne paraîtront pas dans le casier judiciaire.

Si la loi est adoptée, elle entrera en vigueur pour une période d’essai de cinq ans, afin d’étudier son efficacité et de pouvoir la modifier si les résultats ne sont pas convaincants.

La ministre de la Justice a déclaré qu’il lui reste encore plusieurs mois pour travailler sur cette loi, et qu’elle espérait l’élargir au maximum. Elle aimerait, notamment, prévoir des programmes de réhabilitation pour les travailleurs du sexe et leurs clients.

« Aujourd’hui, nous envoyons le message que le trafic des femmes et le marché du sexe sont inacceptables », a déclaré la ministre de la Justice. Elle ajoute : « Avoir recours à des services de prostitution est immoral, déplacé, et revient à traiter le corps des femmes comme des objets. »

 

Chloé Mercier

 

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