En Tunisie des associations luttent pour être libre de jeûner ou non durant le Ramadan

17 mai 2018

Dans une lettre ouverte adressée au président ainsi qu'au gouvernement, un collectif d'associations tunisiennes réclame une protection des libertés. Elles appellent en effet les autorités àfaire valoir la liberté de conscience et de religion. Cela en autorisant à manger ou fumer en public durant le ramadan qui débute aujourd'hui.

 

C'est comme ça que ça se passe chaque année. Des Tunisiens sont arrêté pour avoir mangé ou fumé en public en plein mois du ramadan. Ces interpellations sont faites en vertu de textes flous sur l’outrage aux bonnes moeurs et de circulaires remontant à plusieurs dizaines d’années.

Interrogé l’an dernier par une député, le ministère de l’Intérieur avait répondu par un courrier ambigu. Dans ce dernier, il y justifie la fermeture des cafés par le risque de choquer les jeûneurs et de provoquer des attentats. Le ministère y asure cependant qu’il n’y avait pas de poursuite contre les cafés ouvrant dans la discrétion ni contre ceux qui mangent en public.

Face au « déni » du ministère de l’Intérieur les organisations appellent les autorités « à faire cesser toutes les atteintes aux libertés individuelles ». Les signataires de la lettre ont déploré « à l’approche de ramadan, (…) l’augmentation des menaces contre la liberté de conscience, de religion, d’opinion et d’expression ». Ils soulignent également qu’ils seraient prêts à saisir la justice pour « faire respecter » ces libertés garanties par la Constitution de 2014.

Plusieurs établissements ferment ou dissimulent leur vitrine durant la journée face aux contrôles devenus récurrents. Aucune loi n’interdit pourtant de manger ou boire en public en Tunisie durant le ramadan.

En juin dernier, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour ces mêmes faits.

 

Louis Chassagne

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